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​L’élection présidentielle récente au Cameroun restera gravée dans les annales comme le théâtre d’un basculement structurel sans précédent, souvent désigné sous le nom d’« effet Tchiroma Bakary ». Ce phénomène va au-delà d’une simple victoire électorale pour incarner une véritable cosmogonie sociopolitique, c’est-à-dire une refondation du sens et de l’ordre symbolique du pouvoir. Issa Tchiroma Bakary, candidat du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), n’a pas seulement remporté des suffrages ; il a déconstruit quarante ans de paradigme politique, révélant une profonde aspiration du « Cameroun profond » à la rédemption politique et à une nouvelle légitimité du leadership.

​I. La Sidération d’une Élite et l’Usure du Système 🤯

​Le raz-de-marée électoral de Tchiroma Bakary a provoqué une sidération au sein de l’élite politique établie, particulièrement celle du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). Dans les bastions traditionnels du pouvoir, le dépouillement s’est déroulé dans un silence d’incrédulité, symbolisé par l’effondrement d’un militant face à l’avance écrasante du candidat de l’opposition.

​Cette rupture électorale trouve sa source dans l’usure structurelle du système en place :

  • Prédation et Exclusion : Le régime, miné par l’égoïsme, la perversion morale et la captation des ressources publiques par une élite rentière, s’était fossilisé dans une logique de prédation.
  • Crise de la Légitimité : L’accès aux privilèges, souvent conditionné à des pratiques dégradantes, a éloigné la jeunesse et la base militante, alimentant un ressentiment profond contre l’injustice sociale, la fraude électorale et la perte des repères éthiques. Ce contexte a préparé le terrain à une explosion démocratique.

​II. Le Rôle Stratégique du Grand Nord et de l’Axe Nord-Sud 🧭

​Le Grand Nord du Cameroun, traditionnellement perçu comme une zone d’équilibre, a joué un rôle déterminant dans cette dynamique.

  • Réactivation d’une Alliance Historique : Les élites septentrionales ont vu en Tchiroma Bakary la figure capable de réactiver l’axe Nord-Sud de 1982, incarnant une nouvelle rationalité politique et une potentielle émancipation.
  • Calcul Stratégique : L’oscillation des élites du Grand Nord entre une loyauté tactique envers le pouvoir central et l’anticipation d’une succession inévitable a consolidé une dynamique électorale inattendue. Ce mouvement a été discrètement soutenu par certains acteurs économiques de l’Ouest (affiliés ou non au RDPC), soucieux de garantir leurs intérêts dans un futur politique incertain.

​L’effet Tchiroma est ainsi devenu un carrefour d’intérêts et d’aspirations régionales, transcendant la seule affiliation partisane.

​III. Les Conséquences Internationales et le Défi de la Gouvernance 🌍

​Ce basculement interne est observé de près par la communauté internationale. Les missions d’observation (africaines, européennes et onusiennes) ont noté l’ampleur de la participation populaire.

  • Menace de Reconnaissance : Malgré l’engouement, les plaintes de l’opposition concernant la manipulation, le bourrage d’urnes et l’intimidation maintiennent la tension. Le refus de l’opposition de reconnaître une éventuelle réélection du président sortant pourrait conduire à un refus de reconnaissance par des organismes internationaux, ouvrant la voie à de probables sanctions diplomatiques et économiques.
  • Vulnérabilité Accrue : De telles mesures risqueraient d’accentuer la vulnérabilité d’un Cameroun déjà fragilisé par la crise anglophone, les incursions de Boko Haram et une économie vacillante.

​L’« effet Tchiroma » représente donc un tournant anthropologique et moral ; il est la manifestation d’une reconquête de la parole citoyenne. Le défi majeur pour l’avenir est de transformer cette ferveur populaire en une stabilité durable, empêchant ce « volcan social » de se muer en éruption incontrôlable.

​IV. Appel à la Responsabilité Collective et à la Refondation 🤝

​La prudence est de mise pour toutes les parties. Les signaux de tension, les discours identitaires montants et la division non vérifiée au sein des forces armées exigent une responsabilité collective.

  • ​La société civile, les religieux, les intellectuels et les observateurs étrangers doivent œuvrer à un dialogue apaisé, garant de la paix sociale et du respect des choix populaires.

​Au-delà des chiffres, la cosmogonie de l’effet Tchiroma Bakary marque la naissance d’une nouvelle ère de conscience politique, une refondation symbolique du Cameroun où la souveraineté du peuple retrouve enfin sa valeur fondatrice. Le pays s’engage indéniablement sur une voie où les choses « ne se passeront plus comme par le passé ».

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