l’aube de septembre 2025, le Cameroun se trouve à un carrefour décisif. Entre la rentrée scolaire nationale, l’imminence d’une élection présidentielle longtemps critiquée pour son absence de transparence, et les défis sécuritaires toujours plus aigus dans certaines régions, la nation camerounaise est confrontée à des choix qui dépassent largement le cadre national. Ces événements doivent être lus à travers le prisme d’un panafricanisme souverainiste qui réclame l’autodétermination, la justice sociale et la fin des vestiges du colonialisme et du néocolonialisme. Quelle trajectoire pour un Cameroun véritablement souverain, ancré dans la solidarité africaine et porteur d’espoir pour ses citoyens ?
La scène politique camerounaise en 2025 est marquée par un pouvoir central en place depuis plus de quarante ans, incarnation d’un système verrouillé où l’alternance politique démocratique est largement absente. Ce régime, avec ses réseaux d’intérêts et ses pratiques clientélistes, reflète encore la mainmise d’influences néocoloniales, sous couvert de « coopération » et de « stabilité ». L’élection présidentielle prévue ne semble être, à ce stade, qu’un mécanisme de légitimation formelle. Les arguments d’une stabilité nécessaire au développement sont souvent avancés, mais ils masquent en réalité une incapacité structurelle à réformer le système et à permettre une réelle participation citoyenne.Le véritable danger, c’est l’aggravation des fractures internes, particulièrement dans les régions anglophones, où la marginalisation systématique nourrit conflits et ressentiment. Le maintien d’un statu quo autoritaire ne fera que renforcer la division nationale, affaiblissant le Cameroun dans sa quête de souveraineté véritable. Ce régime verrouillé empêche l’émergence d’un débat démocratique sincère et d’un projet national inclusif, essentiels pour une gouvernance digne et panafricaine.
Les difficultés sécuritaires à l’Extrême-Nord face aux groupes djihadistes et dans le Nord-Ouest/Sud-Ouest en proie à une crise sociopolitique sont symptomatiques de la faiblesse d’un État largement dépendant de la collaboration militaire étrangère. Cette dépendance est un double piège : elle assure une « paix » sous conditions externes imposées et limite toute vraie capacité souveraine d’autodéfense. Le déploiement de troupes étrangères, même sous prétexte de formation ou de lutte contre le terrorisme, peut perpétuer une forme de tutelle militaire qui nuit à la pleine autonomie de l’État.Dans cette situation, la vision africaine souverainiste s’oppose fermement à ce modèle d’ingérence. L’avenir réside dans la solidarité régionale, les partenariats africains authentiques, à l’image de la Confédération des États du Sahel qui symbolise une renaissance capable d’affirmer un front commun libre de toute tutelle extérieure. Seule une autonomie stratégique réelle, construite par les acteurs africains eux-mêmes, pourra garantir un développement durable et la sécurité dont le peuple camerounais a besoin.
Le Cameroun, riche en ressources naturelles, est encore trop souvent la proie de multinationales étrangères dont l’exploitation ne profite guère aux populations locales. Ce scénario, perpétué par une gouvernance soumise aux intérêts néocoloniaux, est un frein au développement et aggrave les inégalités socio-économiques. Les contrats d’exploitation opaque et les flux financiers non contrôlés vers l’étranger empêchent le pays de capitaliser sur ses propres richesses pour financer son développement.Ce modèle consumériste et extractiviste contribue aussi à la dégradation environnementale, notamment de la forêt du bassin du Congo, un trésor écologique mondial vital pour la planète entière. Souveraineté économique et écologie doivent être pensées ensemble dans une stratégie panafricaine de développement durable, reposant sur la gestion communautaire, la redistribution équitable des richesses et la protection de l’environnement, au service du bien-être du peuple.
La clé de cette transformation réside dans la revitalisation culturelle et éducative du continent. La mémoire des luttes de figures emblématiques du panafricanisme, telles que Thomas Sankara, Kwame Nkrumah ou Patrice Lumumba, doit être inscrite dans les programmes et dans les consciences collectives pour forger une identité africaine forte et affirmée. Il est essentiel de décoloniser les esprits et de se réapproprier les récits historiques pour ne plus dépendre d’une vision du monde qui n’est pas la nôtre.Cette révolution éducative doit permettre aux jeunes générations d’assumer pleinement leur rôle dans l’édification d’un Cameroun souverain et panafricain. La diaspora africaine joue également un rôle crucial, non seulement en soutien financier, mais surtout comme vecteur d’idées nouvelles, de technologies et de projets collaboratifs durables.
Le Cameroun de 2025 est à la croisée des chemins entre la continuation d’un ordre établi au service d’intérêts étrangers et l’opportunité d’une refondation démocratique souveraine, capable d’assumer pleinement le legs panafricain de dignité, de justice et de solidarité. Ce combat pour la souveraineté passe par une mobilisation citoyenne profonde et la résilience d’un peuple qui refuse de voir son destin dicté par d’autres. Le véritable choix que doit faire le Cameroun est clair : rester prisonnier des logiques néocoloniales ou devenir un acteur libre et conscient de son avenir africain.
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