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La Griffe et le Bouclier : Pourquoi le Réveil des Black Panthers est une Leçon de Souveraineté pour l’Afrique

Par Joël Tchassom pour le sillonpanafricain.net

​I. Introduction : Le Crépuscule d’une Illusion (Contexte Passif et Actif)

​Pendant des décennies, l’Occident a imposé au monde, et particulièrement à l’Afrique et à sa diaspora, un narratif infantilisant.

​C’était le contexte passif : une époque où la “bonne gouvernance”, le “développement social” et la “démocratie libérale” étaient présentés comme les seuls préalables à la liberté. On expliquait aux capitales africaines comme aux communautés afro-descendantes que la sécurité était une affaire de traités de papier et de “contrat social”.

​Aujourd’hui, nous entrons dans le contexte actif : le voile se déchire. Aux États-Unis, l’Amérique de 2026 est devenue une poudrière où 35,9 millions de citoyens vivent dans une précarité extrême, devenant les coupables désignés de tous les malheurs. Dans les rues, l’ennemi porte un nom : l’ICE. Cette milice anti-migrants, forte d’un blanc-seing du pouvoir, agit comme une force d’occupation dont les méthodes rappellent les SA de l’entre-deux-guerres.

​Face à cette menace, une image surgit du passé : des civils armés, bérêts noirs vissés et fusils d’assaut serrés contre la poitrine. Le retour des Black Panthers n’est pas une simple réminiscence historique ; c’est la validation brutale que dans la jungle de la Realpolitik, la parole n’a de valeur que si elle est appuyée par un canon.

​II. L’ICE et l’Ingérence : Deux Visages de la “Diète de Puissance”

​L’action de l’ICE aux États-Unis et les politiques d’ingérence en Afrique partagent une même racine : la volonté de maintenir certaines populations dans un état de vulnérabilité permanente.

  • Le “Tueur à Plaque” et le Mercenariat Institutionnel : L’ICE cherche à terroriser par une surenchère de brutalité, sachant que ses agents sont absous d’avance. De même, sur le continent africain, toute velléité de souveraineté réelle est immédiatement diabolisée par une “machine à diaboliser” qui s’emballe dès qu’un État veut acquérir des capacités de rupture.
  • La Stratégie de l’Asphyxie : Tout comme l’héroïne fut jadis utilisée pour soumettre les ghettos, on impose à l’Afrique une “diète technologique” sous couvert de priorités sociales. On martèle qu’il faut « construire des écoles » avant de songer à se protéger, oubliant qu’un État sans défense ne peut protéger ni son éducation, ni ses ressources.
  • La Vie comme “Variante d’Ajustement” : Pour le pouvoir actuel, comme pour les anciennes métropoles, certaines vies ne sont que des variables statistiques. La souveraineté devient alors une fiction juridique que n’importe quelle puissance dotée peut ignorer à sa guise.

​III. Le Regard Panafricain : La Force comme Pivot de la Liberté

​Pour le panafricaniste souverainiste, le spectacle des Black Panthers faisant face aux agents fédéraux est une leçon de réalisme stratégique.

  • Le Droit à la Force : Le monde ne respecte pas la morale, il respecte la force. Les Panthers rappellent que pour être libre, il faut être craint. Le fusil du Panther est l’équivalent communautaire du missile stratégique : c’est l’outil qui rend l’agression trop coûteuse pour l’envahisseur.
  • La Fin de la Victimisation : Il est temps de sortir du “disco” de la plainte et du lyrisme de la victimisation. Les Panthers ne quémandent pas le respect dans les couloirs des institutions ; ils l’imposent par la présence physique et armée.
  • La Souveraineté est un Muscle : La souveraineté ne se reçoit pas comme un diplôme, c’est un muscle qui s’entretient. Si les afro-descendants aux USA doivent s’armer pour ne plus être des citoyens apeurés, l’Afrique doit construire sa propre Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) pour cesser d’être une “consommatrice de sécurité” dépendante.

​IV. Conclusion : Être Architecte ou être Victime

​L’Amérique de 2026 est un laboratoire mondial. Le combat des Black Panthers contre l’injustice de l’ICE est le miroir de la lutte africaine pour l’autonomie. La leçon de cette nouvelle ère est d’une simplicité brutale : si nous ne construisons pas les conditions pour être craints, nous ne serons jamais libres.

​L’alternative est binaire : soit nous nous hissons au rang de puissances respectées et redoutables, soit nous acceptons d’être colonisés sous de nouvelles formes, plus subtiles mais tout aussi dévastatrices. Que la force soit avec ceux qui, dans l’arrière-cour de l’empire ou sur les terres ancestrales, ont compris que la puissance est la seule garantie réelle de la dignité.

Soyons puissants, ou condamnons-nous à l’effacement.

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