La quête d’une opposition « pure » et sans tache est devenue une obsession toxique sur le continent africain. Dans des nations où le multipartisme a été plus forcé qu’organique, cette quête est le symptôme tragique d’une stratégie déployée par les régimes autoritaires : l’instrumentalisation économique du champ politique. Cet article propose de décortiquer comment le contrôle de l’ascenseur social non seulement divise l’opposition, mais crée aussi les conditions de sa propre délégitimation populaire.
La suspicion populaire envers les leaders d’opposition est souvent le fruit d’un traumatisme historique : les ralliements spectaculaires et les cooptations d’anciens « révolutionnaires » au sein des gouvernements. Ce passif a engendré une doctrine populaire dangereuse :
Cette obsession pour la pureté morale est une impasse. Elle détourne l’attention de l’opinion des programmes et de l’efficacité pour la fixer sur l’émotion et le passé personnel, créant le terreau idéal pour la division.
Le véritable mécanisme qui alimente cette méfiance n’est pas idéologique, mais économique. Les régimes autoritaires, maîtres dans l’art de la survie, ont perfectionné l’art de vicier le jeu démocratique en utilisant l’arme économique :
La Fabrique de l’« Opposition Utile »
En contrôlant les conditions de survie politique, le pouvoir sélectionne et tolère une « opposition utile » : des acteurs qui contestent suffisamment pour donner une illusion de pluralisme, mais qui ne sont pas assez puissants, radicaux, ou organisés pour mettre réellement le régime en danger.
Cette stratégie systémique donne une base tragiquement réelle à la thèse selon laquelle le régime fabrique ou instrumentalise sa propre opposition. Le peuple, observant que seuls certains opposants échappent à la répression, conclut logiquement qu’ils sont « de mèche », perpétuant ainsi le cycle de la stigmatisation.
L’éveil des consciences africaines ne doit pas consister à rejeter en bloc toute l’opposition par peur de la manipulation, mais à déjouer la stratégie de la division en adoptant une évaluation stratégique et pragmatique.
Le seul moyen de combattre un système qui excelle à diviser est d’imposer un Pluralisme Stratégique. La modération qui négocie des lois, le radicalisme qui impose les lignes rouges, et la participation institutionnelle sont tous des outils qui doivent pouvoir coexister sans s’autodétruire.
Le peuple doit exiger des comptes aux acteurs politiques sur des critères objectifs et non émotionnels :
L’Intelligence Commune africaine doit reconnaître que le seul ennemi n’est pas l’opposant divergent, mais le Statu Quo qui se nourrit de notre division. Accepter la diversité oppositionnelle et évaluer les acteurs sur leurs actes et leur projet, au-delà de leur niveau de répression, est la seule voie pour démanteler le piège économique et politique des dictatures.
Joël NOUBISSIE TCHASSOM
Rédacteur et Webmasteur pour le Sillon Panafricain.
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