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Par Joel Tchassom pour le sillonpanafricain.net

​I. L’Aveu de Paris : Quand la Realpolitik brise le Miroir des “Valeurs”

​Pendant des décennies, l’Occident a enfermé l’Afrique dans un carcan intellectuel : le dogme des “valeurs universelles”. On a vendu aux capitales africaines la “bonne gouvernance”, le “développement social” et la “démocratie libérale” comme les uniques clés de la liberté. Mais en ce début d’année 2026, face à la déflagration technologique du missile hypersonique russe Oreshnik, le masque humaniste s’effondre.

​Emmanuel Macron, dans un moment de lucidité brutale, ne convoque plus Montesquieu ou les droits de l’homme ; il parle de portée de tir, de vitesse de saturation et de segments stratégiques. En avouant que l’Europe est désormais « à portée » de la foudre russe, il valide trois réalités que la propagande cherchait à camoufler :

  1. La primauté de la technologie sur le discours : La légitimité internationale ne naît plus du vote à l’ONU, mais de la capacité technique à imposer un fait accompli. La Russie n’impose pas sa volonté par la séduction, mais par sa maîtrise de l’espace exo-atmosphérique et des vitesses Mach 10.
  2. L’effondrement du sanctuaire moral : L’Europe découvre qu’elle n’est plus protégée par son “autorité morale”. Sans un bouclier capable d’intercepter des vecteurs manoeuvrants, les traités de paix ne sont que des chiffons de papier.
  3. La force comme unique garantie : Macron l’admet : sans “muscles”, la souveraineté n’est qu’une pétition de principe. C’est un aveu de faiblesse qui devrait faire office de boussole pour tout dirigeant africain.

​II. Le “Double Standard” : L’Asphyxie Stratégique de l’Afrique Francophone

​L’hypocrisie de la posture française est ici flagrante. Ce que Paris érige en impératif catégorique pour la survie de l’Europe — le réarmement massif et la capacité d’inspirer la crainte — elle le refuse par tous les moyens à ses “partenaires” africains.

​Dès qu’un État africain cherche à acquérir des capacités souveraines (drones longue portée, satellites de reconnaissance, systèmes sol-air S-400 ou équivalents), il subit un chantage multidimensionnel. On active alors un piège sémantique redoutable :

  • Le faux dilemme “Beurre vs Canons” : On explique que l’Afrique doit d’abord “nourrir son peuple”. C’est une imposture. Comment garantir la sécurité alimentaire si l’on ne peut pas sécuriser ses routes commerciales et ses frontières contre les groupes terroristes ou les milices par procuration ?
  • La vassalisation technologique : En limitant l’Afrique à des équipements légers de maintien de l’ordre, on s’assure qu’elle ne puisse jamais contester une intervention extérieure. La France veut des alliés “utiles”, pas des puissances autonomes.

​III. La Mue Révolutionnaire : Vers un Panafricanisme Transactionnel

​Le panafricanisme émotionnel, nourri de ressentiment et de nostalgie, a atteint son point de rupture. Il a éveillé les consciences, mais il est incapable de gagner une guerre moderne. L’Afrique doit opérer une mue vers un panafricanisme stratégique et transactionnel.

  • La fin de la diplomatie du ressentiment : L’impérialisme est une fonction naturelle de la puissance. S’en plaindre est une perte d’énergie. Il faut cesser d’exiger des excuses pour commencer à exiger du respect. Le respect ne se demande pas, il s’arrache par l’équilibre des forces.
  • La logique de la transaction pure : Chaque poignée de main diplomatique doit être une équation : “Qu’est-ce que ce partenariat apporte à ma Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) ?” Si un allié refuse le transfert de technologie, il n’est pas un partenaire, mais un fournisseur de dépendance.

​IV. Le Droit à la Force : Protéger nos Richesses de la “Garde Provisoire”

​Le monde ne respecte pas la morale, il respecte la capacité de nuisance. Pour que l’Afrique soit libre, elle doit être redoutable.

  • La fonction de la puissance : La puissance militaire n’est pas une menace pour la paix, c’est l’assurance-vie de la civilisation. Sans elle, nous ne sommes que les gardiens provisoires de nos propres ressources (lithium, cobalt, gaz). Nous les surveillons simplement jusqu’à ce qu’un prédateur plus fort décide de les “sécuriser” pour ses propres intérêts.
  • La puissance militaire comme bouclier économique : La monnaie et le commerce ne sont solides que s’ils sont appuyés par une force capable de les défendre. L’Oreshnik russe n’est pas qu’un missile, c’est un argument de négociation économique.

​V. Le Réalisme Échelonné : La Méthode des États-Piliers

​L’autonomie africaine ne sera pas un miracle spontané, mais le fruit d’une construction méthodique :

  1. S’appuyer sur des États-Piliers : Il faut favoriser l’émergence de pôles de puissance régionaux (Égypte, Algérie, Afrique du Sud, Nigéria ou le bloc de l’AES). Ces nations doivent devenir les laboratoires de l’industrie militaire africaine.
  2. Alliances Opportunistes et Transverses : Puisque l’Occident pratique l’embargo technologique déguisé, l’Afrique doit se tourner vers les puissances dissidentes (Russie, Chine, Iran, Turquie). L’objectif n’est pas de changer de maître, mais d’utiliser ces alliances pour acquérir les briques technologiques nécessaires à notre propre production de défense.

​Conclusion : L’Heure du Choix – Architecte de sa Force ou Victime du Destin

​L’aveu d’Emmanuel Macron est un cadeau empoisonné que nous devons transformer en opportunité. Il nous confirme que l’ordre mondial de 2026 est une jungle où seuls les puissants s’asseyent à la table des décisions.

​La leçon est simple et brutale : si nous ne construisons pas les conditions pour être craints, nous ne serons jamais libres. La souveraineté n’est pas un diplôme décerné par la “communauté internationale”, c’est un muscle qui s’exerce. Le temps de la naïveté est terminé. L’Afrique doit choisir son camp : celui des architectes de sa propre puissance, ou celui des colonisés de demain.

Soyons puissants, ou condamnons-nous à l’effacement.

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